On dit souvent qu’un bon restaurant se juge à la propreté de ses toilettes, une entreprise humaine ne se jugerait-elle pas à la gestion des « petites tâches » ?
Chaque personne arrivant dans une entreprise a une mission ou un poste de travail bien définis. Cependant aucune entreprise n’a affecté quelqu’un à l’ouverture des fenêtres lorsqu’il fait trop chaud ou au changement de page des éphémérides (sauf dans le livre d’Amélie Nothomb « Stupeur et tremblements » que tout dirigeant devrait lire).
Chaque entreprise a ainsi des « petites tâches » non affectées qui peuvent aller du ménage des locaux au service du café. Il semble y avoir un code sociétal naturel qui dit que tout ce qui n’a aucun intérêt et qui n’est pas référencé en termes de mission soit implicitement à la charge des « bas salaires » ou des « moins diplômés », ce qui impliquerait l’acceptation par tous que le respect pour une personne est proportionnel à sa position hiérarchique ?
Une personne s’épanouit dans son travail lorsque, réussissant dans les missions qui lui sont confiées elle est valorisée par sa place unique dans l’entreprise. Si son poste fluctue en fonction de « ce que personne d’autre ne veut faire », elle devient non pas un élément participant à l’enrichissement de l’entreprise, mais une « variable d’ajustement » de la bonne volonté de ses collègues. La gestion par l’entreprise des « petites tâches » non attribuées (qui devraient naturellement être partagées par tous en fonction d’un temps de présence ou d’un talent naturel mais en aucun cas d’une position dans la hiérarchie) est plus importante qu’il n’y paraît car elle reflète le vrai respect.
De Claudine Delerce

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