La violence en entreprise

02avr09

SYNTHESE DE GROP 

Le concept reconnu.
Selon le BIT, « beaucoup de pays ont maintenant explicitement reconnu le concept de violence dans leur législation nationale sur la santé et la sécurité au travail. Par exemple, la Finlance, la Suède, la France, la Belgique, le Canada, la Pologne et l’Argentine ont, tous, soit adopté une nouvelle législation qui traite des problèmes de violence au travail, soit amendé leurs lois et règlements actuels pour prendre en considération ces problèmes. »
En 2004, l’Organisation internationale du travail (OIT) a publié un Recueil de directives pratiques sur la violence au travail et mesures visant à combattre ce phénomène.
- un terme générique qui recouvre différents domaines : physique, moral, légal, médical, etc . Chacun de ces aspects de la violence est traité différemment selon ses critères propres, avec un flou certain autour de la violence psychologique. 
« Nous avons eu un collaborateur qui jetait les chaises en travers de l’atelier, c’était difficile à vivre et je me suis senti dépourvu en tant que dirigeant pour gérer cette situation »
« Le problème de la violence physique semble à la fois plus traumatisant mais aussi plus simple à régler : ça se voit et quand il n’y en a pas cela se voit aussi »
« Le harcèlement sexuel est beaucoup plus considéré dans les pays anglo-saxons »
- Une notion tout à fait subjective, liée à une approche culturelle, aux codes spécifiques à chacun. D’un pays à un autre, le même fait peut être classé violent ou non, de même d’un environnement de travail à un autre, les comportements par rapport à la violence ne sont pas les mêmes.
« Si on roule à gauche en Angleterre, on risque sa vie. Il faut connaître les codes pour vivre avec les autres. »
« Quand on est sur les chantiers, on s’aboie parfois un peu dessus, puis on rentre dans les bureaux, et là on redevient courtois ! »
« On s’envoie à la figure nos quatre vérités, mais c’est notre façon de travailler ensemble et cela ne remet pas en cause nos liens forts »
« Les procédures véhiculent parfois une incompréhension qui conduit à la violence »
« J’ai eu une expérience de « placard » : on m’a mis sur un poste où il n’y avait rien à faire, cela m’a complètement démoli »

- Une interrogation sur sa raison d’être. La violence est-elle inhérente au fonctionnement du  pouvoir ? Est-elle consécutive à la financiarisation du monde actuel ? Est-elle le résultat de l’insatisfaction ? Y a-t-il un niveau d’acceptabilité de la violence ?
« Nous sommes soumis à des pressions pour atteindre nos objectifs, et le stress est présent en permanence dans l’entreprise comme la violence est présente dans la vie, nous ne pouvons pas y échapper »
« La violence c’est une énergie qui existe qu’il faut canaliser. »
« La violence est parfois une réponse à la menace ressentie par l’organisation sur son identité »
« En France, les managers sont en premier directifs. Ils ne connaissent pas bien le rôle d’animation très important pour arriver à des performances tout en ayant une équipe épanouie »
Elle est forcément une menace pour l’intégrité de celui qui la subit.
Facteurs aggravants :
 le collaborateur est seul face à cette violence,
 la violence vient d’un supérieur hiérarchique
Quand la violence apparaît c’est  trop tard, il y a des choses que l’on n’a pas senties assez tôt.
Elle ne doit pas être utilisée comme outil de management
L’absence de capacité managériale est très génératrice de violence.

Les recommandations EH/ Les bonnes manières
LA VIOLENCE, PARLONS-EN !
Verbaliser et communiquer (au même titre que pour les valeurs) sur le positionnement de l’entreprise par rapport à la violence (pourquoi ne pas en parler par exemple dans la période d’intégration des nouvelles personnes)
Rester à l’écoute des petites choses révélatrices de tensions, le dialogue constant permet d’appréhender les problèmes avant les crises
« Quand on serre la main à quelqu’un le matin, on devrait sentir quand quelque chose cloche »
La réponse peut être dans le fait de la nommer : des mots sur des maux.
Élaborer des représentations justifiantes : s’il est violent c’est qu’il est faible et donc je suis plus fort que lui.
Mettre en place un règlement intérieur pour officialiser la « violence tolérée » et ce qui est jugé inacceptable.

Des ouvrages sur le sujet :
Violences en entreprise : Comment s’en sortir de Christine Marsan* aux éditions De Boeck
Le harcèlement moral dans la vie professionnelle de M.F. Hirigoyen aux éditions Pocket

Harcèlement moral : Comment s’en sortir ?
MJ Gava, aux éditions Prat
*C. Marsan est adhérente de l’association
                                                                                                 Grop décembre 2007

0 Réponses vers “La violence en entreprise”


  1. Pas de commentaire

Laisser un message




les entreprises humaines

L'association rassemble des Femmes et des Hommes Engagés dans la Mise en Œuvre de Pratiques Plus Humaines dans l’Entreprise.

Son ambition est de devenir l'Association qui fait référence en montrant que la performance durable de l'entreprise découle de l'épanouissement des personnes qui la constituent comme de celles qui interagissent avec elle !

recevoir les nouveaux billets par mail