Et si nous construisions nos opinions, nos valeurs, notre morale uniquement pour justifier ou conforter nos actes ou nos relations, ceux-ci pilotés simplement par nos envies, nos émotions?*L’idée couramment répandue est plutôt à l’inverse : nos valeurs guideraient notre manière d’être. Ainsi nous qualifions très vite les individus par rapport à de grands mots comme Bonté, Courage, Loyauté, Bien, Mal…quitte à tordre un peu le sens du mot, pour coller à cette idée de valeurs (notions pourtant fort différentes d’un individu à l’autre). Nous croyons même que nous sommes aptes à mesurer la quantité de valeur (cet individu est plus honnête que celui là, cet autre est un type bien…), enfermant ainsi définitivement les gens dans des «cases».
Mais la dynamique qui nous guide , commune à tous les humains, n’est ce pas plutôt le plaisir, la peur, l’amour… des sentiments variables selon le contexte?
Ainsi dans notre vie en entreprise il n’est nulle part évoqué qu’il faut accorder du crédit aux sentiments des autres, les prendre en compte, voire apprendre à les entendre. C’est même souvent au contraire plutôt méprisé : «ici on ne fait pas de sentiment», ou aussi «celui-ci est trop sensible», «il manque de confiance en lui»… sans chercher l’intelligence qui existe dans ces ressentis. La même qui anime les ressentis «perçus comme positifs»: «il aime ce qu’il fait», «il est bienveillant avec ses équipes»…
Au moment où la souffrance au travail semble très présente, ne doit-on pas s’interroger, sur les effets de la vie collective, ressentis par chaque individu ?
S’il est difficile de juger si une entreprise est humaine, de définir si une démarche d’éthique est sincère, ou de trouver, en ces temps de crise, le vrai sens du mot solidarité, en revanche nous sommes toujours plus sereins après un échange respectueux, une réunion conviviale, des paroles sincères… ou dans un environnement où l’on se sent bien. Nous entrons alors dans le cercle vertueux du bien-être … sans volonté de le prouver, mais avec le souhait d’y rester !
Claudine Delerce
* Les systémiciens le disaient bien avant moi !

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